Marché du végétal 2026 : Analyse économique et nouveaux comportements d'achat

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Le marché français du végétal est à la croisée des chemins. Porté par plus de 46 000 entreprises, avec un chiffre d'affaires cumulé de 15 milliards d’euros, la filière affiche une solidité remarquable, mais fait face à un paradoxe : une stagnation des volumes depuis 2022 et une érosion des marges.
Dans un contexte économique sous pression, l'enjeu pour les années à venir ne consiste plus simplement à « résister », mais à transformer la résilience du secteur en un moteur de croissance.
Comment redonner au vivant sa place prioritaire dans les arbitrages des Français ? Nous vous proposons de revenir sur le Cahier des Tendances 2025 de Kantar pour Valhor, « Voir plus loin que le marché : replacer le végétal dans la société qui le fait vivre ».
Le végétal dans l'économie : une solidité sous tension
Le secteur horticole français jouit d'une exception culturelle majeure : un attachement émotionnel profond au jardin qui concerne 71 % des Français. Loin de la vision d'un simple "loisir de masse" observée chez certains voisins européens, le végétal s'ancre en France comme une dépense plaisir, avec un budget stable situé entre 110 et 120 € par an et par foyer.
Cependant, cette position est aujourd'hui mise au défi par la hausse constante des budgets alloués aux autres formes de divertissement. Selon les données de l'INSEE (2024), les dépenses en végétaux ont connu une légère érosion de -1 % entre 2019 et 2024, alors que le budget alloué aux loisirs (TV, streaming, jeu vidéo, etc.) et aux voyages a bondi de +12 % sur la même période.
En résumé, le végétal n’est pas en décroissance, mais il progresse moins vite que des postes plus « expérientiels ». Le défi de la filière sera de transformer cet attachement en réflexe d’achat en redonnant au végétal une place centrale dans le quotidien des Français.
Les comportements d’achat : de l'usage au langage identitaire
En France, la consommation est aujourd'hui marquée par une polarisation générationnelle et d'usage très nette. Si le socle historique du marché reste les 50 ans et plus (62 % des consommateurs), pour qui le végétal est synonyme de transmission et d’entretien du foyer, une nouvelle dynamique émerge chez les 18-35 ans. Pour ces derniers, les plantes deviennent un vecteur d'expression de soi et de bien-être (58 %) et un véritable langage identitaire.
Toutefois, des freins persistent : le manque de temps (59 %) et le manque d'espace (41 %) restent les principaux obstacles à l'achat. Cette tension crée deux rapports au temps : les plus jeunes plébiscitent des solutions « sans contrainte » (48 %) et gratifiantes immédiatement, tandis que les plus âgés valorisent encore la durée et la maîtrise.

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Le végétal dans la société : du décoratif au rituel de bien-être
Au-delà de l'acte d'achat, le végétal s'inscrit comme un miroir des transformations sociétales.
Pour 82 % des Français, les plantes et le jardin contribuent directement à leur bien-être, agissant comme un levier de santé mentale. Ce basculement consacre l'avènement du « Care » (Soin) : le consommateur ne cherche plus la performance technique, mais une relation sensible avec le vivant.
Le geste de jardiner devient alors un rituel de réparation, permettant de se créer un « lieu refuge ». Cette éthique du soin s'accompagne d'une quête d'autonomie : la progression des végétaux utilitaires témoigne d'une volonté de "faire soi-même", tandis que 71 % des foyers « potagistes » transmettent un savoir-faire familial. Le jardin est devenu un espace d'arbitrage entre une « vitrine » créative et un équilibre écologique.
En 2026, le végétal n'est plus seulement consommé, il est ressenti. Il s'impose comme un projet de société qui répond aux besoins collectifs de sobriété, de proximité et de reconnexion au vivant.

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En résumé : que faire en 2026 ?
Pour transformer la stabilité du marché en levier de croissance, la filière doit engager une nouvelle dynamique collective autour de trois axes clés :
- Réenchanter le récit pour les nouvelles générations : pour capter les 18-35 ans, l'opportunité réside dans une approche narrative centrée sur l'esthétisme. La filière doit passer d'un discours technique à un récit d'expérience où le végétal devient un véritable support de lifestyle.
- Valoriser l'émotion et le sens : Il est essentiel de réaffirmer la valeur émotionnelle du végétal (source de « joie simple » pour 74 % des Français) et de l'ouvrir à d'autres univers comme la santé, le design ou encore au sport, pour renforcer sa désirabilité auprès d’un public plus large.
- Développer l'accompagnement et l'expérience : Le conseil reste un pilier majeur de confiance. Développer la pédagogie via des ateliers (souhaités par 56 % des Français), développer des outils d’inspiration et transformer les points de vente en espaces d'expériences hybrides, à l’instar des Garden Centers au Royaume-Uni, permettra de lever les freins à la visite en magasin et à l’achat.

Sorel Michelet
Responsable Marketing & Communication
Responsable marketing et communication chez Floramedia, je suis à l’écoute des besoins des acteurs du marché horticole. Persuadée que la connaissance client est un atout majeur pour les marques, je suis en veille sur les chiffres du marché et sur les tendances de consommation. Passionnée par l’expérience client, je développe des concepts de marketing et de communication, avec une approche inspirée client, qui engagent l’émotionnel.
Sources
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