Le marché du végétal en France en 2025 : Décryptage d'une mutation structurelle entre baisse des volumes et opportunités de valeur

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La période post-Covid semble avoir achevé son cycle d'euphorie pour le secteur horticole. Selon les conclusions de la dernière étude panel Kantar pour Valhor et FranceAgriMer, menée auprès d'un échantillon représentatif de plus de 12 000 foyers, le marché français du végétal traverse une phase de consolidation inédite. En tant qu'agence de communication spécialisée, nous vous proposons de revenir sur ce webinaire et de revenir sur les principales conclusions de cette analyse.
Si le diagnostic global peut de prime abord sembler morose, une analyse fine des segments révèle des dynamiques contrastées. Entre érosion de la base d'acheteurs, résistance du haut de gamme et émergence de services professionnels, voici ce qu'il faut retenir de la conjoncture actuelle.
Une contraction du marché portée par l'érosion de la base clients
Le premier indicateur de cette étude est sans appel : en 2025, 68 % des foyers français ont acheté au moins un végétal. Bien que ce chiffre reste majoritaire, il confirme une tendance baissière amorcée dès 2019. En six ans, le marché a perdu près de 8 points de pénétration, ce qui représente environ 1,5 million de foyers acheteurs en moins.
Parallèlement, la part des foyers non-acheteurs progresse pour atteindre 32 %. Nous assistons à un double phénomène :
- Moins de foyers achètent.
- Les acheteurs restants réduisent leurs volumes. La part des « petits acheteurs » grandit au détriment des « gros acheteurs », faisant tomber la moyenne annuelle à 22 végétaux par foyer pour un panier global de 108 €.
Cette stabilité relative du budget (proche des 110 € de 2019) cache en réalité une baisse de valeur si l'on intègre l'inflation. Les prix moyens par acte d'achat stagnent autour de 5 €, mais ce chiffre global masque de profondes disparités sectorielles.
Végétaux d’intérieur vs végétaux d’extérieur : des comportements d'achat différenciés
Le marché du végétal repose sur une segmentation précise où les motivations d’achat de végétaux varient radicalement.
Le végétal d'intérieur : le moteur de la valeur par le cadeau
Le segment des plantes et fleurs d'intérieur recule légèrement (-6 % en volume, -5 % en valeur), mais préserve sa rentabilité grâce à un panier moyen annuel solide de 62,50 €. Le véritable moteur de ce marché reste l'achat pour offrir.
- 54 % des volumes et surtout 66 % de la valeur du segment sont portés par le secteur du cadeau.
- Les occasions calendaires (fêtes, Noël) affichent une excellente résilience et progressent, compensant le léger repli des occasions personnelles (invitations, anniversaires).
Les végétaux d'extérieur : une saisonnalité de plus en plus lissée
Pour l'ornement extérieur, le volume baisse de 11 % et la valeur de 9 %, malgré un budget par foyer en légère hausse (58 €). Le fait marquant réside dans la déconnexion progressive entre la météo et l'acte d'achat. Malgré un printemps 2025 moins pluvieux que la normale, les ventes de mars, avril et mai ont reculé. La saisonnalité historique s'estompe au profit d'un lissage des ventes sur l'ensemble de l'année.

Les végétaux d'extérieur : une saisonnalité de plus en plus lissée
Pour l'ornement extérieur, le volume baisse de 11 % et la valeur de 9 %, malgré un budget par foyer en légère hausse (58 €). Le fait marquant réside dans la déconnexion progressive entre la météo et l'acte d'achat. Malgré un printemps 2025 moins pluvieux que la normale, les ventes de mars, avril et mai ont reculé. La saisonnalité historique s'estompe au profit d'un lissage des ventes sur l'ensemble de l'année.
Le cas particulier du potager et l'évolution du Bio
Le segment du potager affiche une trajectoire inverse au reste du marché : une hausse de 10 % des volumes, mais une baisse continue de la valeur depuis plusieurs années.
Cette situation s'explique par la chute du prix moyen de l'unité, tombé à 0,90 € après un pic à 1,25 € en 2023. Le marché souffre également d'une baisse drastique de sa pénétration, passant de 36 % (période Covid) à seulement 27 % de foyers acheteurs en 2025.
| Indicateurs Potager Bio vs Non-Bio | Végétal Non-Bio | Végétal Bio |
| Part des volumes achetés | 80 % | 20 % (1 végétal sur 5) |
| Prix moyen unitaire (2025) | 0,80 € | 1,20 € |
| Écart de prix moyen | Base | 0,30 € (en forte diminution) |
L'étude montre qu'un tiers des acheteurs du potager se tournent vers le bio (données déclaratives). Toutefois, l'écart de prix entre le bio et le conventionnel s'est fortement resserré (30 centimes d'écart aujourd'hui contre 60 centimes auparavant), entraînant une baisse de la valeur ajoutée globale du segment bio.
Distribution : Le retour en force des circuits spécialistes français
Face à cette baisse globale des volumes, la distribution se fragmente et redessine ses positions. La grande distribution et les jardineries, bien qu'elles restent les leaders en volume, perdent du terrain (-2 points). Ces chiffres révèlent une dure réalité marketing : les stratégies de prix bas ou d'agressivité tarifaire ne suffisent plus à retenir les consommateurs de plus en plus sélectifs.
À l'inverse, on observe un regain significatif des professionnels du végétal et des producteurs locaux.
- Les fleuristes confirment leur statut de créateurs de valeur : s'ils ne représentent que 8 % des volumes, ils captent 27 % des sommes dépensées, avec un budget annuel par acheteur très élevé (75 €).
- Les producteurs augmentent leurs volumes de 13 % et leur valeur de 3 %, portés par une clientèle fidèle et une hausse des ventes de végétaux d'ornement extérieurs. 12% des Français ont acheté au moins un végétal en 2025 chez le producteur.
- Le e-commerce atteint un palier de maturité à 13 % des foyers acheteurs, se spécialisant fortement sur les plantes d'ornement extérieur (45 % des achats en ligne).

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Espaces extérieurs : L'entretien comme socle anticrise
Si l'achat de plantes et de produits physiques connaît des tensions, l'activité de services liée aux espaces extérieurs affiche une santé éclatante. 75 % des Français possèdent un jardin ou une terrasse, et 15 % d'entre eux ont fait appel à un prestataire extérieur en 2025, retrouvant ainsi les niveaux d'avant-crise sanitaire.
Les entreprises de jardin et paysagistes captent 56 % de cette demande. L'activité est portée par un socle récurrent et indispensable : l'entretien (élagage, taille des haies pour 59 % des foyers, entretien de la pelouse pour 42 %). En revanche, les prestations de création horticole et de plantation de nouveaux végétaux suivent la tendance baissière du marché global, s'établissant à 27 % pour la plantation. Le savoir-faire des professionnels reste néanmoins fortement valorisé, puisque 85 % de ces prestations sont rémunérées.
Quels leviers marketing pour redynamiser le secteur ?
Pour les marques, les groupements, les producteurs et les réseaux de distribution, cette étude 2025 impose de repenser les stratégies de communication :
- Priorité au recrutement : Le cœur du problème n'est pas le panier moyen des acheteurs réguliers, qui reste stable, mais la baisse de la base clients. Il est crucial de concevoir des campagnes ciblées pour séduire les profils plus jeunes et freiner l'augmentation des non-acheteurs.
- Valoriser l'axe "Cadeau" et "Premium" : Les performances des fleuristes et du segment d'intérieur prouvent que les Français sont prêts à dépenser davantage pour des achats à forte valeur émotionnelle (occasions calendaires, cadeaux).
- Accompagner la transition des services : Avec un marché de l'entretien de jardin en hausse, les professionnels doivent capitaliser sur leur rôle de conseil global pour inciter à la replantation et relancer la création de valeur en extérieur.
En conclusion, le marché du végétal en France ne s'effondre pas, il se segmente. Face à un consommateur plus sélectif, l'efficacité des activations marketing feront toute la différence.
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Sorel Michelet
Responsable Marketing & Communication
Responsable marketing et communication chez Floramedia, je suis à l’écoute des besoins des acteurs du marché horticole. Persuadée que la connaissance client est un atout majeur pour les marques, je suis en veille sur les chiffres du marché et sur les tendances de consommation. Passionnée par l’expérience client, je développe des concepts de marketing et de communication, avec une approche inspirée client, qui engagent l’émotionnel.
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